Dirk Gently, 1: Un cheval dans la salle de bains (Douglas Adams)

Publié le par Tortoise

  Bon allez, je me lance, sinon je ne la ferai jamais, cette chronique!

 

 

De Sherlock Holmes à Philip Marlowe, il existe une longue tradition de détectives privés brillants, astucieux, à qui on ne la fait pas. Malheureusement, Dirk Gently n'en fait pas partie.
Plus intéressé par la télékinésie, la physique quantique et les pizzas froides que par la chasse minutieuse aux indices, Dirk Gently emploie pour ses enquêtes des méthodes, disons... particulières, avec des résultats, disons... inattendus. Dirk Gently est un détective holistique.
Chargé - sans fierté excessive - de retrouver un chat disparu, Gently va être confronté à un fantôme ahuri, un voyageur temporel, un secret dévastateur plus ancien que l'humanité et qui menace de la mener à une fin prématurée... et à un cheval, qui trône nonchalamment dans une salle de bains.

 

Que dire, que dire... C'est assez indescriptible, comme bouquin!

 

Pour la petite histoire, c'est intéressant de savoir qu'Adams a travaillé sur Doctor Who, parce qu'on retrouve effectivement un petit quelque chose de whoniversel dans l'ambiance, la loufoquerie, et les prises de tête quantiques...


C'est d'ailleurs surtout tous ces laïus quantiques que débite Dirk Gently que j'ai trouvés un peu trop lourds. J'ai mieux aimé Richard, le personnage principal un peu paumé...

Je me suis énormément amusée avec la première partie, je pouffais à chaque page dans le train, mais quand on passe vraiment à l'action et l'enquête, j'ai bien failli décrocher... Par contre j'ai bien aimé la fin.

 

Ce qui m'a le plus éclatée, donc, c'est surtout le repas universitaire au collège Saint Cedd aux faux airs de Cambridge et de mages de l'UI de Pratchett.


Deux extraits parmi mes préférés:



"Mon cher garçon! dit-il. Mon cher garçon! Mon cher, cher garçon! Qu'est-ce que je disais?
- Euh, vous disiez: "Mon cher garçon."
- Oui, mais je suis certain que c'était un prélude à autre chose. Une sorte de brève toccata sur le thème de quel type magnifique vous êtes, avant d'introduire le sujet principal de mon discours, dont j'ai pour l'instant oublié la nature. Vous n'avez aucune idée de ce que j'allais dire?
- Non."



A côté de lui était assis un homme que Richard n'avait jamais réussi à identifier. Pas plus en fait que personne d'autre. Il était maigre, avait une tête de rat d'eau et il avait le nez osseux le plus extraordinairement long qu'on pût voir : il était vraiment très, très long et très osseux. En fait, il ressemblait beaucoup à cette quille si controversée qui avait aidé les Australiens à remporter l'America's Cup en 1983 et on avait beaucoup noté cette ressemblance, mais, bien sûr, pas devant lui. Personne n'avait rien dit devant lui.
Absolument personne.
Jamais.
Quand on le rencontrait pour la première fois, on était trop surpris et trop embarrassé par son nez pour parler, la seconde fois était pire à cause de la première et ainsi de suite. Les années maintenant avaient passé, dix-sept en tout. Durant toute cette période, il avait vécu dans un cocon de silence.
Dans le réfectoire, c'était depuis longtemps l'habitude des domestiques du collège de placer à sa droite et à sa gauche un jeu de salière, de poivrière et un pot de moutarde, puisque personne ne pouvait lui demander de les lui passer et que le demander à quelqu'un assis de l'autre côté de lui était non seulement grossier mais absolument impossible puisque son nez s'interposait.

dans un cocon de silence.
Dans le réfectoire, c'était depuis longtemps l'habitude des domestiques du collège de placer à sa droite et à sa gauche un jeu de salière, de poivrière et un pot de moutarde, puisque personne ne pouvait lui demander de les lui passer et que le demander à quelqu'un assis de l'autre côté de lui était non seulement grossier mais absolument impossible puisque son nez s'interposait.

 

(ce qui n'est pas sans me rappeler Lupine Wonse, l'ancien secrétaire de Vétérini, dans "Au Guet", du moins sa représentation dans la version BD parce que ça fait bien trop longtemps que je dois relire ce tome...) 






Publié dans Reading*Patch

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