Le mystère d'Edwin Drood (Charles Dickens)

Publié le par Tortoise

"Le mystère d'Edwin Drood" est le dernier roman de Charles Dickens, resté inachevé. Publié sous forme de feuilleton, Dickens était en train d'en poursuivre l'écriture quand il est mort avant de l'avoir terminé...

 

Le mystère reste donc entier, d'autant plus que tous les spécialistes s'accordent pour admettre que ce roman est l'un des premiers à esquisser le genre policier.

 

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De nombreuses raisons m'incitaient à lire ce roman victorien.

Premièrement: c'est du classique, certes, ce qu'en général j'ai plutôt tendance à fuir, mais j'avais déjà lu du Dickens avec "Un chant de Noël" qui m'avait beaucoup plu et qui m'avait agréablement surpris par sa facilité de lecture, pour un classique.

Ca s'est parfaitement vérifié avec Edwin Drood.

 

Deuxièmement, en pleine Whoniversemania, j'ai évidemment repensé à The Inquiet Dead, l'épisode où Nine et Rose côtoient Dickens himself, et où il est justement question de ce roman qu'il laissera inachevé. Et puis le Doc est un gros fan de Dickens, alors ça mérite forcément qu'on s'y intéresse.


"Do you think it's fair that the people of this world - this human world - have never experienced the works of Charles Dickens?"
"He's a bit of a Dickens nerd", Rose had confided in an aside to Jack...

 

Troisièmement, il y a le Eddie Drood de "l'Homme au Torque d'Or", le premier tome de la série "The Secret History" de Simon R. Green (dont le tome 2 attend d'ailleurs sagement que je trouve un moment pour le dévorer à son tour). La référence était trop directe pour que je passe à côté sans m'y pencher un minimum, même si le nom du personnage est le seul lien entre les deux.

Dans la même foulée, Dan Simmons a sorti en 2009 un roman intitulé "Drood" qui m'intriguait pas mal.

 

Enfin, Cryssilda organise un Challenge Dickens qui me donnait une motivation supplémentaire pour m'y mettre, même si j'ai préféré m'inscrire seulement une fois sûre d'être allée jusqu'au bout ^^

 

http://tortoise.ovh.org/misc/Challenge-Dickens1.jpg

 

Or donc, ce livre est assez difficile à trouver en français, surtout par sa nature de texte inachevé qui n'a pas arrangé les choses: il existe autant de versions que de traducteurs, la plupart dans des éditions coûteuses et anciennes, et choisir sa traduction c'est aussi choisir sa fin.

Devant tant d'hésitations à l'achat, j'ai préféré l'emprunter, et j'ai donc eu entre les mains l'édition de L'Instant noir, avec la traduction et la solution proposée par Paul Kinnet.

 

Bref, le résumé (je copie honteusement sur Isil) :

 

Le jeune et affable Edwin Drood, en apparence comblé par la sollicitude de son oncle John Jasper, maître de chœur à la cathédrale de Cloisterham, ainsi que par la perspective d'un mariage avec sa camarade orpheline Rosa Bud, disparaît. 
Jasper, dont le comportement est étrange et qui est secrètement amoureux de Rosa, mène tout d'abord l'enquête sur le sort de son neveu et ses soupçons se dirigent vers l'irascible Neville Landless, arrivé récemment à Cloisterham avec sa sœur Helena. Mais le sympathique chanoine Crisparkle est convaincu de l'innocence du jeune homme.
 

 

On a donc un certain suspense mené de main de maître, un cadre très victorien avec cette Cloisterham qui vivote autour de sa cathédrale et quelques excursions à Londres, et surtout une incroyable galerie de personnages tous plus creusés les uns que les autres, je dirais presque atypiques, tellement chacun campe bien une personnalité bien à lui et qui tient souvent du caricatural.

J'aime beaucoup le talent de Dickens pour les descriptions par des métaphores filées et insolites.

Et j'ai trouvé beaucoup de passages très drôles!

 

Et il y en a un qui m'a fait furieusement songer à Dr Who, aussi:


"Parmi l'immense quantité de chaînes étranges qui se forgent sans trêve, nuit et jour, dans les vastes aciéries du Temps et de l'Espace, il y eut une chaîne qui se forgea au moment de cette futile conclusion. Elle se riva aux fondements du Ciel et de la Terre, prête à porter ou à tirer son fardeau avec une force invincible."

 

(oui, il m'en faut peu pour voir du Dr Who, et j'en vois partout, et alors?!)

 

Pour ce qui est du mystère, j'adhère totalement à la solution proposée par Paul Kinnet, qu'il argumente brillament en postface. Je trouve qu'il s'en sort diablement bien, et qu'il a réussi à imiter le style de Dickens avec beaucoup de brio, j'ai beaucoup apprécié certaines scènes ou descriptions en métaphores filées que j'ai trouvé vraiment parfaitement Dickensiennes.

 

Je pense que je vais continuer à lire du Dickens, il y a notamment Mr Pickwick et Oliver Twist qui m'attendent...

Publié dans Reading*Patch

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Tortoise 16/04/2010 14:38



C'est bien possible!  Il y a eu des dizaines d'auteurs et de chercheurs qui ont spéculé sur la solution de cette oeuvre inachevée, et beaucoup ont aussi écrit leur propre version de la fin,
bien que ça ait souvent été d'une manière un peu détournée.


Et je suis bien contente de pouvoir documenter d'autres que moi par la même occasion!



Alda 14/04/2010 20:41



Je crois me souvenir qu'il est aussi question de "la solution d'Edwin Drood" quelque part dans Thursday Next (un roman disparu ou quelque chose comme ça), ça m'avait intriguée... tes articles
sont drôlement instructifs, merci !