Le tissu du temps (Penelope Lively)

Publié le par Tortoise

Encore un livre attrapé simplement parce qu'il me faisait vaguement de l'oeil sur les étagères, surtout par son titre, et un peu par son résumé qui parlait de retraite anglaise.

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Elle avait soixante-cinq ans, apparemment. Ce chiffre fatidique l'avait amenée à s'installer à la campagne. Elle qui avait passé tant de temps à noter et à interpréter des rites de passage compliqués dans des sociétés étrangères se trouvait maintenant elle-même soumise à une des règles implacables de son propre pays : arrêter de travailler, vieillir... Mais elle était aussi libre de choisir son mode de vie, d'agir à sa guise. Elle avait des projets.

Stella n'est en effet pas femme à se contenter de faire des bilans. Elle qui a beaucoup voyagé, beaucoup travaillé, éprouve brusquement le besoin de se trouver des racines. Elle achète un cottage entouré d'un jardin, une voiture, un chien et ainsi équipée part à la découverte d'une nouvelle vie. Mais elle va peu à peu découvrir que ce qui se passe dans la bucolique campagne anglaise n'a parfois rien à envier à ce qu'elle a pu voir ou entendre dans des peuplades dites sauvages... 

Ce roman me laisse un avis mitigé. Il y a un net penchant impressionniste, enfin je ne sais pas si c'est le mot juste mais c'est comme ça que je ressens les narrations basées sur les impressions des personnages, leurs souvenirs, leurs pensées, leurs questionnements. Et ça n'est franchement pas ce que je préfère lire.

Ce que le résumé ne fait qu'effleurer, c'est le voisinnage d'une famille composé d'une mère tyrannique, mythomane, colérique et lunatique, qui tient sous son joug sa propre vieille mère, son mari qui reste passif, et ses deux fils qui sombrent progressivement...
Ca m'a particulièrement remué les tripes, parce que sans que ce soit vraiment comparable ça a réveillé pas mal d'échos en moi. Je vais pas m'étaler là-dessus, mais disons que je l'ai vraiment senti passer. Les situations et les sentiments sont singulièrement bien rendus ; la rancoeur, la peur, l'admiration malgré tout...

Pourtant le parallèle avec Stella qui revient sur son métier d'anthropologue sans se rendre compte de ce qui est en train de se passer pas plus loin qu'au bout de la route est assez intéressant.
Et le paradoxe entre toutes ses enquêtes d'observation menées à bien dans toutes sortes de société et sa difficulté à elle-même s'installer quelque part et s'intégrer un minimum à une société dont elle fait partie, qu'elle le veuille ou non, est très intéressant aussi.

Mais ça n'empêche pas que j'y ai trouvé quelques longueurs, et puis je ne suis pas tout à fait satisfaite de la fin, presque trop rapide après tant de pages à installer son dénouement en détaillant les impressions par le menu.

Je suis pas sûre d'avoir bien fait de le lire, finalement.

Publié dans Reading*Patch

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